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Diesel – L’indemnité de 4 millions payable dans les trois jours suivant la modification du moteur

16 Juillet 2002

L’application de la loi 341 aiguise la colère et le désespoir           des propriétaires de minibus Harangue antigouvernementale à l’adresse           des responsables. « Nous sommes bien libanais ! » semblent dire ces           grévistes. Les forces de l’ordre, réfugiées à l’ombre du ring Fouad           Chéhab.

La loi 341 interdisant aux minibus de moins de 15 passagers fonctionnant au diesel   de circuler est entrée hier en application, sans incidents majeurs, excepté 257   procès-verbaux pour infraction à la loi. Les permis de conduire des chauffeurs   en infraction leur ont été retirés et un délai de 20 jours leur a été accordé   pour transformer les moteurs de leurs véhicules.

La rhétorique officielle annonçant ces procès-verbaux a été jugée troublante,     dans certains milieux. Un communiqué officiel a en effet annoncé que la majorité     des propriétaires de minibus respecte la loi, à l’exception d’une minorité. Or,     avancent ces milieux, considérer 257 propriétaires et chauffeurs comme une «     minorité » est pour le moins contestable.

Avec l’entrée en application de la loi, la colère et le désespoir d’une frange       de propriétaires et de chauffeurs ont atteint leur paroxysme. Installés à même       le sol, des chauffeurs et leurs familles ont entamé une grève de la faim dans       le centre-ville, pour protester contre une loi qu’ils considèrent discriminatoire       à leur égard et la misère matérielle à laquelle elle les réduit.

Pourtant, garés le long des trottoirs du centre-ville, les minibus ont été forcés,         hier, de dégager la voie et de se garer dans des espaces libres du centre. Conduits par un syndicat très dur, les propriétaires entendent, aujourd’hui,         manifester près du siège de leur syndicat, sur le boulevard de l’aéroport, ainsi         que dans le centre-ville. Les deux manifestations devraient se retrouver devant         le Parlement, qui tient aujourd’hui une séance plénière.

Les propriétaires souhaitent rappeler à M. Nabih Berry qu’ils ont acquis leurs           véhicules légalement en vertu d’une loi parue en 1995, et que l’interdiction           du mazout est une loi arbitraire qui compromet leurs acquis. La loi 341 prévoit en effet que seuls les minibus au mazout de moins de 15 passagers           sont interdits de circulation, mais pas les véhicules de la catégorie supérieure.

En fait, les propriétaires et chauffeurs, comme d’ailleurs les responsables,             sont tiraillés entre deux solutions à cette grave crise sociale, qui affecte             plusieurs milliers de familles. La première voudrait, qu’au nom du principe de             l’égalité de tous devant la loi, tous les autobus de transport en commun au diesel             soient interdits, et non seulement les petits véhicules. La seconde voudrait             que l’on importe au Liban du diesel propre, comme il en existe en Europe, où             les voitures au diesel sont chose normale.

Toutefois, faute d’une possibilité de contrôle crédible, la solution de l’importation               d’un diesel propre a été, hélas, abandonnée. Peut-être trop vite. Par contre, au nom du principe de l’égalité de tous devant la loi, le ministre             de l’Intérieur a affirmé hier qu’il allait entamer l’application de la loi 341             sur les grands autobus, dès aujourd’hui, apparemment sans s’être concerté avec             le chef du gouvernement. Cette mesure pourrait donc lui valoir des avanies, aussi             bien sur le terrain qu’à l’intérieur du Conseil des ministres.

Cela dit, le ministère des Finances a annoncé hier que les propriétaires de minibus               au mazout peuvent toucher l’indemnité à laquelle ils ont droit, dans un délai               de trois jours suivant la présentation de l’attestation de modification des spécifications               du moteur. Cette indemnité, rappelle-t-on, a été fixée par le Conseil des ministres               à 4 millions de livres. On saura, dans les prochains jours, si cette solution           est susceptible de désamorcer la colère des propriétaires de minibus.

En outre, le Conseil des ministres a chargé l’institut financier Kafalat d’accorder               des prêts de 50 millions de livres à ceux qui voudraient acheter des véhicules               à l’essence tout neufs ou de seconde main, à condition qu’ils ne soient pas vieux           de plus de trois ans précédant la date de l’achat.

La loi 341 pendue haut et           court -Les utilitaires de l’industrie et du commerce

L’application de la loi 341 pose également des problèmes à l’Association des             industriels. Sous la présidence de M. Fady Abboud, le conseil d’administration             de cette association s’est réuni hier pour en discuter. En fin de réunion, M.             Abboud ainsi que M. Kazem Ibrahim, président de la fédération des syndicats de             propriétaires de boulangeries, ont tenu des conférences de presse pour exposer             leur situation. M. Abboud a fait état de « dizaines » de véhicules utilitaires             arrêtés dont les propriétaires ont reçu des délais de grâce de 14 jours pour             se mettre en règle, faute de quoi les véhicules seraient saisis. Selon le responsable             industriel, c’est 50 % de la distribution des produits qui vont être perturbés,           avec un pourcentage identique dans les boulangeries.

Le président de l’Association des industriels a demandé un délai d’un an pour               la mise en règle des 8 000 véhicules au diesel du secteur industriel, tout en               minimisant l’impact sur l’environnement de la mise en application de la loi 341,               estimant que les véhicules au diesel destinés au transport et à la distribution           représentent seulement quelque 6 % du diesel consommé au Liban.

« Dans quel pays d’Europe ou d’Amérique a-t-on interdit les voitures au diesel    ? » s’est encore interrogé le responsable industriel, qui a fait état d’un risque   réel de destruction d’une partie du stock de denrées périssables qu’il sera impossible   de distribuer, ce qui représente des pertes considérables pour l’industrie et  met en péril certains secteurs, qui devront fermer.

L’association << Green Line>> a jugé, pour sa part, que la loi 341      « va dans le bon sens », mais qu’elle ne réglera pas le problème de la pollution    « sans une stratégie cohérente » pour le transport routier, puisqu’elle risque   d’augmenter la circulation des voitures privées.

Et l’association de rappeler que la loi 341 est un tout, et qu’elle prévoit aussi   l’instauration d’un contrôle mécanique obligatoire et des fumées d’échappement,   le contrôle des spécifications des carburants et l’obligation de l’installation   d’un pot catalytique.

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